Oradour:cette tâche ingrate qui nous incombe

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Oradour:cette tâche ingrate qui nous incombe

Message par Terreblanche le Mar 21 Juin - 7:26


ORADOUR-SUR-GLANE :10 JUIN 1944.




Le jour où paraîtra cette livraison de RIVAROL sera organisé,à Oradour-sur-Glane,
la commémoration du 67è anniversaire de la fameuse tragédie qui coûta la vie
à plus de 500 femmes et enfants dans l'église du village
(sans oublier les hommes dans les granges).Pendant environ quinze ans,
je me suis intéressé de près à cette affaire.Sept ans d'enquête,la publication
d'un livre grand format de plus de 400 pages (Le massacre d'Oradour.
Un demi-siècle de mise en scène
,édit.VHO),la diffusion d'une vidéo
(Oradour:cinquante ans de mensonges,puis Oradour le débat interdit)
et une longue saga judiciaire qui m'opposa aux gardiens de la Mémoire.
Une saga qui,comme tout bon western,commença très mal (mon livre interdit
sur tout le territoire national,ma condamnation à deux ans de prison pour
"apologie de crime de guerre") pour se terminer très bien
(annulation de l'interdiction et cassation sans renvoi de l'arrêt qui me condamnait
pour éapologie"), grâce à la formidable action de Maître Delcroix.
Ajoutons à cela l'ouvrage du concepteur du Mémorial d'Oradour
(Jean-Jacques Fouché,Oradour,éd.Liana Lévi) qui déplut assez profondément
aux associations des victimes et qui fut,pour les révisionnistes,une aubaine
(Yves C... Réponse à Jean-Jacques Fouché,diffusion VHO).
Autant dire que,pour moi,l'affaire d'Oradour reste synonyme de victoire,
tant sur le plan intellectuel que judiciaire.Bien que tout ne soit pas éclairci,
on sait désormais que la tragédie de ce 10 juin 1944 fut provoquée par l'explosion
inattendue de munitions qui avaient été cachées par les maquisards locaux
dans le clocher de l'église et sous le plancher de la sacristie.
La thèse du "petit village tranquille",havre de paix dans ce Limousin Résistant,
est démentie par bien des documents et par le témoignage de cet ancien
aviateur britannique,Len Cotton,que nous avons retrouvé en 1996.
La faute des Waffen-SS fut de ne pas avoir fouillé l'église avant d'y parquer
les femmes et les enfants,le temps pour eux de tenter de retrouver l'un
des leurs enlevé la veille par le maquis et dont tout donnait à penser qu'il était
retenu dans ce bourg.
Oradour est donc une simple mission de récupération d'un prisonnier qui
a mal tourné,affreusement mal.
Les Waffen-SS n'ont jamais voulu massacrer les femmes et les enfants
en transformant une église en four crématoire alors qu'ils n'avaient avec eux
aucun matériel incendiaire.
Certains me répondront que,malgré tout,la thèse officielle est encore imposée,
que ce soit sur les lieux,à l'école ou dans les media.
J'en conviens sans peine et n'en suis pas surpris:seuls les naïfs pouvaient croire
que les gardiens de la Mémoire reconnaîtraient leurs mensonges.
Les enjeux financiers et surtout politiques sont trop énormes.
Admettre qu'un révisionniste à raison serait ouvrir une telle brèche que,
dans la situation actuelle,c'est chose rigoureusement impossible:
autant croire au Père Noël.
En outre,sachant que les moyens matériels de part et d'autre sont totalement
disproportionnés,l'histoire véhiculée depuis 1944 a encore de beaux jours
devant elle.
Il n'empêche qu'elle est en danger de mort.
Car à la suite de la parution de mon livre et de ma vidéo,le discours du guide,
porte-parole de l'histoire conventionnelle,a changé.
Le 30 octobre 2006,notre ami François Dop a filmé son exposé dans l'église.
Par la suite,il m'a fait parvenir le document.Afin de mieux comprendre l'importance
de ces changements,deux petits rappels s'imposent:

1) J'ai démontré que la thèse du gigantesque incendie dans l'église est contredite
notamment par la préservation du confessionnal,une pièce en bois léger située
dans une chapelle latérale.Un sinistre d'une telle nature l'aurait nécessairement
détruit.

2) Après avoir étudié les variations dans le temps et les incohérences relevées
dans le témoignage de "l'unique rescapée de l'église",Mme Marguerite Rouffanche,
j'ai conclu que son récit devait être rejeté.
J'ai notamment souligné que jamais une femme de cet âge et de cette corpulence
n'aurait pu sauter par le vitrail et chuter de plusieurs mètres pour atterrir sur
un plan incliné sans se blesser gravement et sans terminer sa course sur la rue
en contrebas.
Or,d'après la thèse officielle,non seulement Mme Rouffanche se serait
miraculeusement arrêtée sur un petit parapet,mais aussi elle aurait pu
immédiatement se relever et fuir en courant sous les balles d'un Waffen-SS
qui l'aurait atteinte cinq fois à la jambe.
Et c'est ce témoignage digne de Rambo qui fonde la thèse officielle
du drame de l'église !


UNE THESE OFFICIELLE EN DANGER DE MORT.


Dans les premiers temps qui ont suivi la parution de mon livre,rien n'a changé
à Oradour.Le guide narrait imperturbablement le récit officiel,parlant
d'un gigantesque incendie et d'une Mme Rouffanche sauvée parce qu'elle
avait sauté à travers le vitrail.
Mais il n'en allait plus de même lorsque mon ami vint visiter.
Dans son laïus,le porte-parole de la thèse officielle tentait d'expliquer pourquoi
le confessionnal n'avait pas brûlé.
Inutile de dire que les arguments physiques avancés étaient sans aucune valeur:
prétendre que l'air entrant par les vitraux se dirigeait très vite vers la nef,
donc qu'il n'y en avait pas dans les chapelles latérales pour attiser le feu,
est inepte.Même si l'on accepte cette histoire de flux d'oxygène,le guide oubliait
que dans un incendie,une partie non négligeable de la chaleur est véhiculée
par le rayonnement (voilà pourquoi de la viande peut cuire même si elle n'est pas
lèchée par les flammes),phénomène qui aurait nécessairement provoqué
la combustion complète de cette pière en bois léger.
Mais le plus pitoyable survenait au moment d'expliquer le saut extraordinaire
de Mme Rouffanche.
Le porte-parole de la thèse officielle invoquait la présence,en bas du vitrail,
d'une sorte d'un "énorme buisson","très haut","très touffu",
qui aurait non seulement amorti,mais aussi arrêté la chute de la miraculée
entre le mur de l'église et cette masse de végétation.
Là,elle aurait "perdu connaissance",ce qui l'aurait sauvée,les Waffen-SS
l'ayant crue morte.

Or:

A) "l'unique rescapée" n'a jamais parlé de ce "buisson",ayant
au contraire toujours affirmé qu'elle avait chuté "de plus de trois mètres"
pour atterrir sur le plan incliné et rouler jusqu'au parapet sans jamais perdre
connaissance,

B) sur les photos prises quelques jours après la tragédie,ce gros buisson
n'apparaît pas (voir notamment Pierre Poitevin,Dans l'enfer d'Oradour,

C) sur ledit plan incliné (une fine couche de terre avec des cailloux au-dessous),
nulle trace d'une quelconque racine n'apparaît.Bref,l'existence de ce buisson
a été inventée pour la circonstance,afin de "répondre" à l'un de mes principaux
arguments contre le témoignage de Mme Rouffanche.

Dans notre revue Sans Concession,j'ai réfuté en son temps
le nouveau discours du guide (voy.SC n°27-29,janvier 2007),
je n'y reviendrai pas,sauf pour dire que ma réfutation est restée sans réponse.
Je me contenterai de souligner qu'en changeant la version officielle afin
de tenter de me contredire,les gardiens de la Mémoire ont admis la pertinence
de deux de mes principaux arguments.

..../.....

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Re: Oradour:cette tâche ingrate qui nous incombe

Message par Terreblanche le Mar 21 Juin - 7:42

"La belle affaire ! me répondra-t-on.Le visiteur moyen l'ignore,
tout comme il ignore la fausseté du discours officiel."


Là encore,j'en conviens.Mais,c'est justement la raison pour laquelle
il faut continuer à se battre.
J'entends souvent des gens me dire:les temps ne sont pas mûrs.
Contentez-vous de conserver vos écrits,ils ressortiront le moment venu.
Alors que j'étais en prison,une femme m'a donné ce conseil.
Je lui ai répondu en substance que si mes écrits prenaient la poussière
dans une bibliothèque,oubliée de tous,QUI les ressortirait le moment venu ?
Personne....
Ces "prudents" se plaisent à lancer que la vérité triomphe toujours.
C'est stupide ! Car si,dans une affaire quelconque,la vérité n'a pas triomphé,
on ne le saura jamais.
A supposer qu'un manuscrit ait existé,qui démontrait l'innocence de Ravaillac
dans l'assassinat d'Henri IV,mais que cet écrit a pourri dans des archives
privées avant d'être détruit,alors le moine sera toujours considéré comme
coupable d'un régicide et personne ne saura que le vrai ne s'est pas fait jour.
C'est une évidence:on ignore si "la vérité triomphe toujours".
Tout ce que l'on peut dire,c'est qu'une cause (bonne ou mauvaise) remporte
la victoire lorsque,les temps devenus favorables,des gens se battent pour elle.
L'exemple de l'avortement,"une mauvaise cause selon moi",est très parlant:
malgré la pression sociale (environ 50 000 avortements annuels clandestins
en France à la fin des années 1960),sans les associations féministes qui
se battaient depuis des années,l'affaire de Bobigny n'aurait été qu'un procès
de plus intenté à une "faiseuse d'ange" et à une maman ayant fait avorter
sa fille et jamais la loi Veil n'aurait été votée.
Même si les circonstances sont favorables,on n'a jamais vu un combat remporté
sans combattants.La "vérité" ne fait pas exception,n'en déplaise aux "prudents".
Une cause a besoin de hérauts,point final.J'ajoute que combattre ne signifie pas
espérer voir la victoire.Quand les temps sont défavorables,combattre signifie
maintenir une braise rougeoyante afin que le feu dévorant de la vérité puisse
se rallumer lorsque les temps seront venus.
Et quand il pleut (comprenez,quand les conditions sont très défavorables),
entretenir une braise se révèle bien plus difficile que faire partir un incendie
sous un ciel bleu.Il est bien évident qu'à l'heure actuelle,la tâche des révisionnistes
est ingrate:l'énergie à dépenser est énorme pour des bénéfices assez minces.
Cela sans compter les risques,car nos adversaires veillent jalousement.
Mais c'est nécessaire.


(l'église)

Pour en revenir à Oradour,si trop peu de gens agissent,le guide et ses successeurs
pourront longtemps raconter leurs fariboles sur les flux d'air et sur les buissons
amortisseurs.Pourtant,je le répète,en changeant le discours,les gardiens de la
Mémoire ont admis la pertinence de deux arguments révisionnistes essentiels.
Il faut donc en profiter et leur dire:
"Maintenant que vous l'avez admis et que vous avez tenté d'apporter
une réponse,nous devons pouvoir discuter sur la valeur de cette réponse."


La thèse officielle d'Oradour a été échafaudée dans l'urgence,dans les jours
qui ont suivi le drame,le Résistant Pierre Poitevin a rencontré Mme Rouffanche
sur son lit d'hôpital afin de mettre au point ce qui allait devenir le récit conventionnel
(il le raconte lui-même dans son ouvrage déjà cité).
Malgré cela "l'unique rescapée" de l'église a beaucoup varié dans ses déclarations.
On se souviendra notamment de l'histoire de la mystérieuse "caisse" artisanale
que des Waffen-SS aurait apportée dans le lieu saint afin de provoquer la mort
des femmes et des enfants.A-t-elle fortement explosé ou n'a-t-elle que dégagé
de la fumée ?Mme Rouffanche a soutenu les deux versions suivant que ceux qui
la manipulaient voulaient ou ne voulaient pas cacher les explosions dans l'église.


DE MULTIPLES VARIATIONS ET INVRAISEMBLANCES.

J'ajoute qu'une thèse contraire aux évènements va nécessairement être contredite
par les constatations matérielles faites sur les lieux.C'est là le principe de toute
enquête criminelle et c'est ce principe sur lequel je me suis fondé pour effectuer
mes recherches.Loin de commencer à lire les "témoignages" et autres "aveux",
j'ai privilégié l'étude minutieuse des lieux et de l'état des cadavres après la tragédie
(les nombreuses photos d'époque le permettent).
-Un confessionnal qui n'a pas brûlé,
-deux cloches dont les parties ont totalement fondu alors que d'autres
sont parfaitement intactes,
-une statue restée sur son socle alors que la partie supérieure a été emportée,
- l'absence de traces de suie dans les ouvertures du clocher,
- l'effondrement de la voûte,
- le cadavre d'un garçonnet coupé net en deux et dont le short n'a même pas
brûlé,
- des fragments de corps dont les extrémités sont intacts...
tout cela privilégiait la thèse de la gigantesque explosion,une explosion que
l'on tente désespérément de cacher depuis 1947.
Vouloir défendre l'histoire de l'incendie généralisé face à tous ces indices matériels
est perdu d'avance.
Jusqu'à la parution de mon livre,les gardiens de la Mémoire y parvenaient
tout de même,car ils n'entraient pas dans le détail.Tout avait brûlé,réduisant
en cendres ces pauvres femmes et enfants.
Allez,m'sieurs dames,versez une petite larme,circulez et dites-vous bien que
le fascisme est intrinquèquement criminel.
Pris dans l'ambiance,les gens ne se posaient pas de questions.
Mais depuis mon livre et ma vidéo (largement diffusée sur le Net),c'est fini.
Il faut répondre d'avance aux éventuelles remarques embarrassantes.
"Ils" l'ont fait.Mais les voilà désormais acculés,car ayant avancé des arguments,
on peut légitimement exiger qu'ils en démontrent la valeur.
Telle est la nouvelle bataille à livrer.Certes,c'est fastidieux et c'est toujours
énervant de faire face à des menteurs forcenés,capables de toutes les fripouilleries
intellectuelles pour sauver leurs thèses chancelantes.
Mais c'est nécessaire,afin que nos écrits ne tombent pas dans l'oubli et que,
le moment venu,des gens puissent les ressortir.
Vous comprendrez donc pourquoi les révisionnistes s'entêtent.
Il s'agit seulement d'assurer l'avenir.Lorsque,suite à des évènements que
nous ne pouvons prévoir ni susciter,les peuples seront amenés à réviser
leurs certitudes hédonistes et,ainsi,à se tourner vers la vérité,il faudra des gens
pour la connaître afin de la leur dire.Telle est notre mission:
- assurer que la vérité subsiste d'ici là.Pour cela,il faut se battre aujourd'hui,
même si les circonstances sont contraires.
Dire la vérité ne doit pas être quémandé comme un droit,cela doit être accompli
comme un devoir,un devoir pour l'avenir.


Vincent Reynouard.


Source:RIVAROL,n° 3003 du 10 juin 2011,p.4.

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Re: Oradour:cette tâche ingrate qui nous incombe

Message par Terreblanche le Dim 15 Sep - 15:11


D'Oradour à Damas
: le chemin du bien.  study   scratch






Tout est moral aujourd'hui en politique:
notre Démocratie occidentale atteint un stade supérieur d'organisation de la cité
où chaque acte de gouvernement se trouve déterminé par la morale.
Les personnages éminents qui président à nos destinées ont donc
pour première tâche de décider du bien et du mal.
Ils s'en acquittent prestement,non par référence à un code quelconque, du type Décalogue,
mais en réagissant à une gamme d'images et d'affects régis par l'Histoire.
Barack Obama et François Hollande ont été exemplaires à cet égard,
malgré les difficultés suscités par leurs opinions publiques respectives.
Quand un pacifiste fait la guerre, c'est pour faire le bien.
Quand un Jean-Vincent Placé, qui exsude l'amour de l'environnement et de l'humanité
par tous les pores de son expressif visage, et qui a tout fait ce qui était en son pouvoir
pour affaiblir la puissance nucléaire de la France, se résout à préconiser "des frappes limitées",
c'est qu'il s'y trouve obligé par les "preuves irréfutables" contenus par les "documents déclassifiés" aimablement fournis par Jean-Marc Ayrault.
Quand Laurent Fabius,qui, jeune Premier ministre de François Mitterrand,
s'attacha à "engranger les dividendes de la paix",c'est-à-dire à saboter l'armée française
en réduisant ses budgets,habitude qu'ont gardée tous ses successeurs depuis,
quand Laurent Fabius donc,se lance dans une grande offensive diplomatique pour convaincre
ses homologues européens "d'employer la force" contre "le régime" de Bachar el Assad,
c'est que les taies sont tombées de ses yeux, il sait désormais qu'il faut parfois
faire couler le sang pour réduire le Mal avec un grand M.
La morale,qui dans le domaine personnel est parfois si floue (est-ce mal de "gagner au jeu"
un appartement de sept millions d'euros ?
Est-ce mal de ne pas interdire la diffusion de sang contaminé ?),devient lumineuse
lorsqu'il s'agit de politique:

- les lignes rouges, le crime contre l'humanité, la mémoire, et toutes ces sortes
de choses vous aident à déterminer sans peine le mal absolu.
Il ne vous reste après cela qu'à faire votre devoir.Celui qui combat l'inacceptable
est nécessairement dans le vrai.
Certains croient devoir compliquer cette idée simple avec les réalités de l'Orient compliqué,
peser le poids des communautés en Syrie, des divers intérêts au Proche-Orient,
des responsabilités croisées dans divers types de massacres et d'exactions:

- un mot suffit à balayer ces nuages qui brouillent la vue et risquent de peser
sur les convictions, et ce mot est sarin.
Sarin égale Armes de destruction massive égale Gaz égale Crime contre l'humanité.Stop !
N'allons pas plus loin ! Vous y êtes ! Vous êtes arrivés au terminus des amalgames.
Auschwitz, tout le monde descend ! Une dépêche de l'Agence télégraphique juive publiée
dans The Times of Israel, journal hiérosolymite, nous le confirme :

" Les principaux rabbins couvrant le paysage politique et religieux ont exhorté les députés
du Congrès à soutenir le président Obama dans son projet d'attaquer la Syrie
afin de mettre fin à l'utilisation d'armes chimiques par ce pays."
"C'est en tant que descendants de survivants de l'Holocauste ou de réfugiés
dont les ancêtres ont été gazés à mort dans des camps de concentration
que nous vous écrivons"
lisait-on dans la lettre envoyée mercredi 4 septembre,
veille de Roch Hachana.

"Nous vous écrivons en tant que peuple victime de persécutions pendant de nombreux siècles,
et heureux d'avoir trouvé aux Etats-Unis un refuge sûr nous permettant de prospérer."

La Deuxième Guerre mondiale fixie le cadre de la Troisième.
Pauvre Obama ! On finira par le plaindre.
Cela doit être un peu casse-nouilles d'avoir toujours une aristocratie de prêtres du bien
autour des oreilles pour vous rappeler votre devoir de mémoire.
Remarquez plus personne n'est épargné.
Au moment où beaucoup d'Indonésiens se gendarment contre les "cochonneries"
et la "prostitution" que constitue selon eux l'élection de Miss Monde à Bali, les Pékinois,
eux, se précipitent en longues files pour visiter l'exposition sur Auschwitz
organisée dans leur bonne ville.
Il faut dire qu'ils ont l'habitude d'obéir et qu'ils ne sont pas à une révolution culturelle près.
La question qui reste cependant posée depuis Le Lotus bleu est :

- sauront-ils profiter des fruits de notre admirable civilisation occidentale ? Wait and see,
comme n'aurait pas manqué de dire Mortimer.

Nous aussi nous avons eu notre piqûre de rappel de mémoire.
A Oradour.Le Maréchal le disait fort bien, les Français ont la mémoire courte.
Alors on nous chouchoute, on nous donne tous les jours notre potion pour nous éviter
un Alzheimer politique.
Donc, Oradour. A l'occasion du 69ème anniversaire plus 3 mois du massacre,
il y a eu une grande visite présidentielle binationale.
On y a appris déjà le nom du président allemand.
On y a rappelé la solidarité de deux piliers européens de la démocratie unis contre la barbarie.
Oradour est un objet précieux pour la mémoire.Un massacre y a bien eu lieu,
nul ne peut le nier et nul ne l'a nié en effet,même les affreux qu'on nomme
par ailleurs négationnistes. Et ce sont bien des SS qui l'ont perpétré.
Et les restes du village, conservés en l'état,sont authentiques.
Bref,c'est la perle rare, donc l'occasion d'un peu de pédagogie.
A quoi sert Oradour ? A nous rappeler où est le bien, où est le mal.
Qui sont les méchants absolus.
A briser l'image d'occupation relativement bénigme de la France par l'Allemagne.
Bien sûr il y avait eut le STO, le pillage par l'indemnité de guerre, mais l'armée allemande,
dans son ensemble,avait maintenu l'ordre et la sécurité sans brutalité inutile,
elle avait été correcte;sans doute le fait d'être occupé était-il insupportable,
mais l'Allemagne n'y avait pas rajouté d'horreur particulière, si on la comparait
à d'autres nations, France comprise:
- ce témoignage quasi unanime de l'après-guerre, quelles que soient les couches
de population et les choix politiques, n'est plus permis.
Un Le Pen a été condamné pour avoir soutenu la thèse d'une Wehrmacht correcte.
Oradour a pour mission d'enfoncer le clou.
Puisqu'il y a eu Oradour, l'Allemagne s'est rendue coupable de crimes de guerres
sans comparaison.
En conséquence et en même temps,dans ce théâtre moral, la résistance dans son ensemble,
quels que soient ses éléments et leurs méthodes, doit être considérée comme le bien
affronté à la barbarie absolue.
Ici gît une double difficulté.Le général SS qui commandait la division SS Das Reich
opérant à Oradour, Lammerding, et plusieurs de ses subordonnés, ne sont d'accord
ni sur les faits qu'on leur reproche, ni sur les principes moraux qui permettent de les juger.
Quant aux faits, le récit ordinaire, exposé par Wikipédia, assure qu'après plusieurs réunions
préparatoires, il a été décidé de rayer de la carte Oradour, bourg à l'écart de toute résistance.
Pour faire un exemple.
Le 10 juin 1944, une compagnie de panzer grenadier investissait le village,
séparait les femmes et les enfants des hommes sous couleur de rechercher des résistants,
fusillait les hommes et faisait brûler femmes et enfants dans l'incendie de l'église Saint-Martin.

Le point de vue SS est le suivant:

- Oradour étant un des centres de la résistance locale, l'opération avait pour but de récupérer
un officier allemand Kampf,ou,à défaut, de prendre des otages.
Les choses auraient tourné à l'aigre à cause d'un accrochage avec la résistance.
Qui a raison ?
Vincent Reynouard a publié en 1997 un livre :
Le massacre d'Oradour:un demi-siècle de mise en scène.
Se fondant à la fois sur le procès tenu à Bordeaux en 1953, sur les principaux livres
parus sur la question,sur le récit du Sturmbannfhürer Weidinger, sur l'analyse
archéologique des restes et sur des témoignages recueillis par ses soins,
il a formulé la thèse suivante:

- la résistance aurait entreposé des munitions dans l'église, et elles ont sauté,
pour une raison quelconque, ce qui aurait provoqué la mort des femmes et des enfants,
puis l'affolement des SS, qui auraient fusillé les hommes en représailles.
Même si l'on n'hadère pas à ses affirmations
(quid des aveux de certains exécutants, par exemple ?),
on demeure troublé par certains faits.
Les témoignages de "la seule rescapée",Mme Rouffanche, sont contradictoires
et invraisemblables.
Il n'existe aucune preuve de la décision de détruire Oradour.
La séparation de la population milite plutôt contre.
Il y avait de la résistance à Oradour, et des travailleurs étrangers espagnols antifranquistes,
dont on connaît l'importance dans le Sud-Ouest:

- leur exactions font encore peur aujourd'hui aux anciens.
L'aviateur anglais Len Cotton a raconté avoir été hébergé à Oradour lors de d'une exfiltration.
Plusieurs indices concordants, dont l'état des corps des enfants et des femmes,
celui des murs, de la cloche, le confessionnal en bois indemme, infirment la thèse
de l'incendie prolongé et rendent plausible celle de l'explosion accidentelle.
Cela,et bien d'autres considérations, dont la façon dont les pouvoirs publics ont interdit
la diffusion du livre de Vincent Reynouard et ont puni son auteur, laisse perplexe et pousse
tout esprit droit à réclamer un débat.
Il y a eu crime de guerre à Oradour, et nul ne songe à en exonérer ceux qui l'ont commis.
Mais les choses ne sont peut-être pas passées si simplement qu'on le prétend,
et la résistance n'est peut-être pas blanc bleue dans l'affaire.
Quand on connaît les gens de Guingouin,et autres chefs locaux, on n'est pas enthousiasmé
par leur moralité.

La question de principe n'est pas moins importante. Le mot résistance est ambigu.
Il a puissamment contribué au changement des mentalités qui s'est produit
après la guerre partout dans le monde, à la définition moderne du bien et de la barbarie,
à l'évaluation des divers mouvements de décolonisation, etc...
Pendant des siècles, tout ce qui légifère en Europe, Eglises,penseurs, parlements
et souverains ont essayé d'adoucir la guerre, et singulièrement de distinguer le militaire
du civil, pour protéger celui-ci.
Les guerres de Trente ans et d'Espagne (celle de Napoléon) ont rendu ce travail
plus que souhaitable, et la convention de La Haye, avec tous ses défauts,
put être considérée comme un progrès.
C'est en application de cette convention qu'un Lammerding doit faire fusiller
tout combattant irrégulier pris les armes à la main.
C'est pour contrer les exactions des maquis qu'il a été conduit à prendre des otages
à Tulle le 9 juin, veille d'Oradour, et à les pendre.
On peut juger l'acte excessif, ou inefficace, on peut le condamner, car le principe
de responsabilité collective est détestable, on ne peut en revanche imputer
la responsabilité initiale de l'engrenage à la SS:
- ce sont les résistants les premiers coupables, et les responsables par le seul fait
qu'ils agissent en combattants irréguliers.
Mais pour porter un jugement dépassionné sur la question, il faudrait en finir
avec l'ambiguïté volontairement entretenue sur le mot résistance.
Il faut cesser de confondre l'activité d'un Estienne d'Orves, qui collecte et transmet
des renseignements en vue d'un vrai combat militaire, et celle d'un colonel Fabien
ou du groupe Manoukian,qui abat des soldats dans le dos dans le dessein décidé ailleurs,
une puissance totalitaire étrangère, de lancer puis d'entretenir un cycle provocation-représailles:
- les civils français étant à la fois la chair à canon et l'enjeu de la stratégie soviétique.
S'il y a quelque chose de remarquable dans le résistant, qu'il soit combattant de l'ombre
ou maquisard, c'est qu'il accepte les conséquences de son statut de combattant irrégulier:
- d'Estienne d'Orves a embrassé le commandant du peloton chargé de le fusiller.
L'homme de main communiste qui descend un uniforme feldgrau et laisse liquider
cinquante otages est tout simplement une crapule.
Et une crapule politique, ce qui n'est pas une circonstance atténuante.
Angela Merkel n'était pas à Oradour.Elle avait d'autres choses à faire.
Notamment s'occuper de l'Oker, le drôle de petit navire qui espionne la Méditerranée orientale
au profit de la rébellion syrienne.Il vient de donner une information qui innocente Assad
du prétendu massacre du 21 août, mais qui accrédite en même temps l'idée
que l'état-major syrien aurait demandé l'utilisation du sarin, ce que la Syrie a toujours nié,
et qu'il importe à Washington d'établir.
Du fait que la chancelière refuse catégoriquement de participer à toute "frappe",
même "limitée",on pouvait induire qu'elle refuserait la stricte dépendance des Etats-Unis
où se sont complus ses prédécesseurs depuis 1945.
Son absence d'Oradour pouvait faire espérer qu'elle s'affranchirait des prêtres de la mémoire
pour reprendre le drapeau de la cause des nations que la France de François Hollande
a lamentablement laissé choir.
Mais Oker rime trop avec poker et joker, et le coup tordu semble hélas confirmer
que Berlin fait toujours le jeu de la coalition dirigée de Manhattan.
Ce qui manque aujourd'hui à Damas comme à Oradour,c'est l'information fiable.
Les mensonges accumulés engendrent une défiance universelle.



Hannibal.  
.


Source : RIVAROL, n° 3107 du 13 septembre 2013,page 12.

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