Le cas de Georges Claude

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Le cas de Georges Claude

Message par Terreblanche le Dim 14 Fév - 9:43



Un grand inventeur:

Sans doute,que certains ne connaissent pas Georges Claude.
Cet ingénieur chimiste né le 24 septembre 1870
est une gloire intellectuelle de la France.
Il est à l'origine de nombreuses inventions qui révolutionnèrent la technique.
En voici quelques-unes:

1900:liquéfaction de l'air, 1917:fabrication synthétique de l'ammoniac,

1926-1928:mise en évidence de l'énergie thermique des mers
due à la différence de température des courants marins,

1941:découverte d'un succédané de l'essence pour automobile,
l'ammoniac acétyléné...

1921,il obtint le prix Lecomte qui récompensait les grands inventeurs.
Cet homme devrait aujourd'hui avoir ses rues en France...

1940:Georges Claude constate de lui-même le comportement allemand.

S'il ne les a pas,si son nom même est effacé des mémoires,c'est qu'à partir
de 1940, "l'anti-boche" qu'il était a opéré un revirement et a milité
pour une franche collaboration franco-allemande.POURQUOI?
Il l'a lui-même expliqué dans plusieurs séries de conférences faites à travers
la France.
En juin 1940,trop vieux pour le front,il avait été chargé de rapatrier
une usine sur l'arrière.
Aussi avait-il,pendant dix jours,parcouru les routes de France au milieu
des masses qui fuyaient sur les routes.
A cette époque,le ciel était rempli d'appareils allemands.Eh bien,
dira-t-il plus tard:

je n'y ai pas vu une seule attaque d'avion,pas même les restes
d'une attaque récente"
*

Ce constat l'amena à réfléchir.
Dans l'une de ses conférences intitulée:"De l'hostilité à la collaboration",
il a expliqué ainsi l'origine de son changement:

"Or,dès la fin de l'avancée ennemie (en juin 1940),
un fait bouleversant:
les Allemands se comportent tout autrement que ce que l'on attendait!
Car nous voilà loin,tout de même,de ces coupeurs de mains d'enfants,
de cet anéantissement des biens et des personnes qu'ont redouté,sans doute possible,
les dix millions de Français de l'exode en abandonnant tout ce qui
leur était cher!
Très peu de ceux qui sont restés ont été molestés,et on sait si les autres
regrettent d'être partis,peu de dégâts là où il y a eu combat;
Paris eût pu être détruit,quant à ces pauvres gens qui,des semaines,ont encombrés
les routes,leurs files indéfinies eussent pu être fauchées à satiété par les avions ennemis:ce ne sont pas les nôtres,hélas!,qui eussent pu l'empêcher:
sauf de tristes exceptions,dont je vais parler,elles ne l'ont pas été (...).
Il est pourtant certain que plusieurs milliers de civils de l'exode,en dehors
des bombardements des villes,ont été tués ou blessés;c'est surtout vers la Loire
que le cas s'est produit,alors que ces colonnes de femmes,d'enfants,
de vieillards se trouvaient tragiquement prises dans la bataille.
C'est une profonde tristesse,certes,mais il résulte de ce qui vient d'être dit que ça été le fait,soit de ces éléments mauvais qu'aucune armée ne saurait éviter,
soit des nécessités militaires;non seulement on ne peut pas parler
de mesures générales,d'ordres inhumains du Haut commandement,mais
il est évident que des ordres contraires ont été donnés,car sans cela,
ce n'eussent pas été 10 ou 15 000 lamentables victimes,mais des centaines de mille,
que l'on aurait eu à déplorer."
**

*(Voy.G.Claude,Français,il faut comprendre!
(Publications du Centre d'Etudes de l'Agence Inter-France,1943),p.13.

**(Voy.La Seule Route...,pp.34-38.



Dans une autre causerie,l'auteur reprenait le même argument,
en modifiant toutefois les estimations qui,à l'époque,n'étaient pas encore définitives:

"il y a eu sur nos routes beaucoup de malheureuses victimes,20 000 disent les uns,
50 000 soutiennent les autres,non compris les victimes civiles dans les villes attaquées.Pourtant,et quelle que soit ma peine de heurter le sentiment
des proches des malheureuses victimes,qu'on songe que pendant des semaines,
seuls dans notre ciel,hélas!,les avions ennemis ont eu,sur toutes nos routes,
dix millions de fuyards à leur pleine discrétion...
Que de centaines et de centaines de mille eussent été sacrifiés,si un ordre
de massacre avait été donné."
*


*:Extrait de la conférence intitulée:
"Dans l'Europe nouvelle,pourrons-nous être fiers d'être Français?"

Lorsque,en 1943,les statistiques définitives furent publiées,
G.Claude insista:

"Elles chiffrent à 17 500 le total des victimes civiles de la guerre en 1940.
Or,songez que,seuls dans notre ciel,hélas!,les avions ennemis
ont eu sur toutes les routes,pendant des semaines,en enfilades indéfinies,dix millions de fuyards sans défense à leur pleine discrétion:
croyez-vous que c'est de 17 500 morts qu'il se fût agi si
un ordre de carnage avait été donné?"
(Ibid.,p.13).



L'"anti-boche" change d'opinion:

Georges Claude concluait:

"Je sais,il est vrai,comment les malintentionnés s'en tirent:
Ils ont assez de soucis pour ne pas nous anéantir tout de suite:
ce sera pour plus tard!' C'est vraiment trop commode.
Quant à moi,quelles qu'aient pu être mes opinions passées,
ce respect des vies françaises,constaté par moi-même
et si prodigieusement contraire aux menaces de
Mein Kampf,a été l'un des grands facteurs de mon évolution."
*

*:Voy.La Seule Route...,pp.34-38

Il ajoutait:

"Je veux encore rappeler un autre fait,qui m'a aussi grandement
impressionné.
Je veux parler de l'hommage rendu par le Fuhrer à la valeur
de nos troupes quand il a dit,le jour de l'armistice,en quelques mots très simples,que l'Allemagne ne voulait pas infliger des conditions
ignominieuses à de si braves adversaires.
Je suis peut-être une drôle de bête,mais,même si ces paroles comportaient moins de mansuétude qu'on ne peut l'espérer,on ne m'empêchera pas
de lui savoir un gré immense pour les avoir dites (...)"
. (Ibid.,pp.40-41).[/i]

Dans une lettre du 26 novembre 1942 adressée au Maréchal,Hitler
rappela avec raison:

"Malgré une victoire unique dans l'Histoire,je n'ai rien fait qui pût porter atteinte
à l'honneur français.
Et je n'ai exigé dans la convention d'armistice que les seules sécurités
par lesquelles une reprise de la lutte pût être empêchée en toutes circonstances.
Je n'ai jamais formulé par la suite aucune revendication qui fût
en contradiction avec ce principe."
*

*(Voy.le texte intégral de la lettre publiée dans l'Appel,3 décembre 1942,p.2)

_________________
Cordialement.  

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