Terreur contre le révisionnisme historique.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Terreur contre le révisionnisme historique.

Message par Rudel le Ven 28 Fév - 10:16

Michael Curtis, auteur de "Jews, Antisemitism, and the Middle East",
est un éminent professeur émérite de science politique de l'Université Rutgers.
Auteur de 30 livres, c'est une autorité très respectée sur les questions relatives au Moyen-Orient.
A son tour il affiche ses craintes de voir l'Internet échapper au pouvoir des censeurs
(traduction TRES rapide):

http://www.thecommentator.com/article/4745/holocaust_denial_and_the_internet

< START>

Le négationnisme et l'Internet.

Chapô:

Toute personne consciente de l'importance du libre échange des opinions est réticente
à l'idée d'interdire les opinions des gens. Mais le négationnisme, c'est différent.

Un nouveau spectre hante le monde: le spectre de l'Internet. Grâce à Facebook,
à YouTube, à Twitter et aux différents sites sur la Toile, les images et les sons se propagent
à une échelle beaucoup plus grande que n'ont jamais pu le faire les médias imprimés
et à un rythme qu'on n'aurait pas pu imaginer.
Toute personne aujourd'hui peut être écrivain ou artiste en s'inscrivant à l'un de ces réseaux,
et n'importe qui sur la planète peut lire ou voir ses messages.
Il est désormais beaucoup plus difficile de pouvoir contrôler les mots et les images
des messages délictueux publiés sur les différents sites.
L'ampleur même qu'a prise l'Internet rend plus aiguë la nécessité d'une vigilance.
Dans quelle mesure et par quels moyens peut-on exorciser ces problèmes de haine électronique,
de désinformation et de diffusion mondiale de messages malveillants ?

A première vue, on se trouve confronté à la question de la liberté d'expression,
et à l'importance du Premier Amendement de la Constitution américaine qui garantit
la liberté de parole et d'expression.
Toute personne consciente de l'importance du libre échange des opinions est réticente à l'idée
d'interdire des propos, si scandaleux soient-ils, ou bien n'a pas envie de se mettre à censurer
ou à prendre ses distances avec tel ou tel propos.
Les mots célèbres de Voltaire, dans sa lettre du 6 février 1770 à M. Le Riche, résonnent encore:
"Je déteste ce que vous écrivez, mais je donnerais ma vie pour que vous puissiez
continuer à écrire."

Un événement récent semble remettre en cause cette défense chez Voltaire
de la liberté d'expression telle qu'on l'admettait généralement.
Le 14 février 2014, la Ligue belge contre l'antisémitisme (LBCA), créée à Bruxelles
seulement deux semaines plus tôt, a contacté Google pour protester contre des vidéos
à caractère négationniste mises en ligne sur son site YouTube en Belgique.
Ces vidéos ont été produites par un homme du nom de Vincent Reynouard.
Google les a rapidement retirées du site.
Même si en apparence on pourrait y voir un déni de sa liberté d'expression,
Reynouard était en réalité coupable d'un acte délictueux et Google respectait la loi
en supprimant ses vidéos.

Il convient de noter, en passant, que Voltaire, qui était un grand écrivain, un écrivain important,
est lui-même coupable d'avoir diffusé des messages de haine dans des réflexions antisémites.

Reynouard, un Français de 45 ans qui a fui en Belgique pour éviterd'être incarcéré en France [sic!!]
à la suite de ses proclamations haineuses, est un ingénieur chimiste se décrivant comme "catholique,
national-socialiste (nazi) et révisionniste".
 
Il est connu pour avoir été jugé en France et condamné à plusieurs reprises.
Il a, maintes et maintes fois, contesté le fait que des crimes contre l'humanité aient été commis contre les juifs. Il a nié l'existence du "prétendu" Holocauste, qu'il appelle un mythe,
ainsi que l'utilisation des chambres à gaz par les nazis.  
Son héros c'est Adolf Hitler qui "incarne l'espoir de l'Europe face aux idéaux dévastateurs de 1789".
Non seulement YouTube USA a immédiatement répondu au reproche que lui avait fait la LBCA
en supprimant de son réseau belge les vidéos de Reynouard, mais il a également retiré
une autre vidéo qui avait été diffusée: la "Jewish Harlem Shake".
Cette vidéo montrait des juifs religieux en train de danser, et, derrière eux,
une cheminée d'où sortaient de grandes colonnes de fumée, ce qui était une évocation
évidente des cheminées des camps d'extermination nazis.
Les actions de YouTube étaient conformes aux lois belges:

-  la première passée le 30 juillet 1981, contre le racisme et la xénophobie;

- la seconde le 23 mars 1995, contre la négation publique de l'Holocauste.

Cette dernière loi interdit les propos qui nient, minimisent grossièrement, tentent de justifier
ou approuvent le génocide commis par l'Allemagne nazie pendant la Seconde Guerre mondiale.
En cas de condamnation elle prévoit jusqu'à un an de prison et jusqu'à 2.500 euros d'amende.
La Belgique fait partie d'un certain nombre de pays européens, dont l'Autriche, la République tchèque,
la France, l'Allemagne, la Pologne et la Roumanie, qui ont adopté des lois faisant de la négation
de l'Holocauste ou de l'exposition d'opinions antisémites une infraction pénale.
Ces lois découlent toutes de la Charte de Londres ou Accord de Londres du 8 août 1945
portant création du Tribunal militaire international pour le procès de Nuremberg
et le châtiment des grands criminels de guerre de l'Axe européen,principalement des Nazis.
Les accusations portaient sur les crimes contre la paix, les crimes de guerre
et les crimes contre l'humanité.
Ce sont les crimes contre l'humanité qui dans la Charte se rapportent à l'antisémitisme.
En outre, les lois des différents pays reflètent la définition des crimes contre l'humanité
telle qu'établie par le Statut de Rome de la Cour pénale internationale du 17 juillet 1998.

Le Statut de Rome stipule que ces crimes sont "des infractions particulièrement odieuses
en ce qu'elles constituent une atteinte grave à la dignité humaine ou une profonde humiliation
ou une dégradation physique d'un individu
" (*).

La Cour européenne des droits de l'homme est allée plus loin, le 24 juin 2003,
en concluant que nier ou minimiser l'Holocauste devait être considéré comme l'une
des formes les plus aiguës de la diffamation raciale ou de l'incitation à la haine envers les juifs.
L'antisémitisme est incompatible avec la démocratie et les droits de l'homme.

Même l'Assemblée générale des Nations unies a, le 26 janvier 2007,adopté par consensus
une résolution condamnant sans réserve toute négation de l'Holocauste, et a exhorté
tous les Etats membres à rejeter toute négation de l'Holocauste en tant qu'événement historique
ou toute activité allant dans ce sens.
Le représentant des Etats-Unis avait espéré que l'AG irait encore plus loin et insisterait sur le fait
que nier les événements de l'Holocauste revenait à approuver le génocide sous toutes ses formes.

Le négationnisme n'est pas protégé par la liberté d'expression, et la liberté d'expression
ne peut pas non plus servir à contester la pénalisation des crimes contre l'humanité:

- des lois ont été adoptées et les tribunaux ont, dans un certain nombre de pays européens,
accepté ce point de vue et agi en conséquence.
La loi probablement la plus connue est la loi française Gayssot du 13 juillet 1990,
une loi dont la constitutionnalité a été confirmée par le Conseil constitutionnel français [sic!!].
Elle qualifie de délit la contestation de l'existence des crimes contre l'humanité et les actes racistes,
antisémites et xénophobes.
Elle interdit toute discrimination fondée sur l'appartenance ou la non-appartenance à une ethnie,
une nation, une race ou une religion.

La France a appliqué cette loi en plusieurs occasions.
En 1990 un tribunal a condamné à une amende Robert Faurisson, le premier grand négationniste français, pour avoir qualifié les chambres à gaz de mythe [sic!].
(...)
Les figures notoires comme David Irving, Fred Leuchter, David Duke, Ernst Zündel,
Robert Faurisson,et le sinistre Mahmoud Ahmadinejad, tous négationnistes,
devraient être contraints de respecter la loi des pays dans lesquels ils postent leurs messages
et tenus pour responsables quand ils l'enfreignent.

Mais le problème auquel sont confrontées aujourd'hui les sociétés de médias électroniques
est de savoir comment mettre en place des mécanismes pour surveiller leurs sites sur la Toile
et voir s'ils s'y trouvent des messages de haine illégaux.
Ce n'est pas ce qu'on appelle de la censure ou de la limitation de la liberté d'expression.
Ces sociétés ont le devoir de faire respecter les lois qui empêchent la haine d'envahir
le cyberespace.
Elles doivent empêcher les médias électroniques d'être accessibles à la diffusion d'une telle haine
et de telles diatribes antisémites. Il s'agit d'une obligation légale tout autant que d'un principe moral.


< END>


(*) Nous avons recherché partout l'équivalent en français de la phrase anglaise
et avons eu la surprise de constater que la définition des "crimes contre l'humanité"
n'est pas la même dans la version française que dans la version anglaise...
study   scratch

_________________



"Un bon pilote revient même à pied"
avatar
Rudel

Messages : 377
Date d'inscription : 14/04/2010
Age : 44
Localisation : Caen

Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum